RENCONTRE

 

 

 

 

 

 

 

FURROWS OF THE SKIN
Ying Chang

 

 

 

 

 

 

 

  
Interview: Claudine Garcia

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 





NOTHING IS ALWAYS LIKE IT SEEMS

 

 





 

Little chat with London-based designer Ying Chang, an astonishing woman who explores and questions common norms and tests limits of materials and ideas with curiosity, intelligence and delicacy.

 









 


Close-up of a pressed clay with hand

More details on clay and volume object (background)








     Good Sessions
For most people the choice and the way of becoming a professional artist / designer is a mystery. How was this decision taken for you?

     Ying Chang
It was a relatively natural choice for me. I’ve always being a very visual driven person. A profession like coder or doctor would be totally against my nature, but being a designer/ artist feel like a very straight forward path that i have been chosen since very little.

     Good Sessions
You are a graduate from the RCA (Royal College of Art, London), it is a prestigious institution. What could you tell us about this place, what do you keep from there?

     Ying Chang
I love creative study, I studied fashion design first  then conceptual special design in London. However after working in design industry for many year,  I started to feel like a caged animal who’s itching to stretch and explore.
Then i decided to realize myself, RCA was my Jungle where i was able to run free with my ideas.
Of course with so much freedom to explore, failure is inevitable, it can be scary at times, but it’s also a good grounding process. My training in RCA gave me the confidence to do what i do today. 

     Good Sessions
In your work you explore the limits of a material that you confront in a process: how and why did you initiate this "crossroad" work?

     Ying Chang
My work is about not accepting the common norms. I am sensitive toward aesthetic and materials. I don’t like to accept the mass ideal of beauty and value of things as they are. To me it is all in the eyes of be holder and the perception of it.
For example flower, who’s to decide a rose more beautiful than a dandelion? What makes a piece of wood more attractive than a piece of composite material.  I am not an advocate for using more man made materials, but i am an advocate for forming our own opinion in things in our own terms.
My goal is to produce object will withstand the rapid movement of contemporary life, give them resistance to the flow of commodities through our lives, to help people see beyond the limit in aesthetic which set by main stream media and appreciating beauty with their own sense and point of view.

 

 



 
 

 

 




 






Staman Vase in preparation

Top view of a clay and bio resin mold






     Good Sessions
How do you proceed?

     Ying Chang
Most of the time, I’d drawn to a material or a process first. I will try to understand characteristics and ability as a material or process first, then I explore and test its limit. very much like curiosity of a child came across foreign objects, then the ideas came very naturally as result of this process of understanding.

     Good Sessions
There is a feeling, sensation of lightness, of fragility in your work, but this is not always true. You give the viewer a new kind of experience…

     Ying Chang
It’s trying to break the first impression people normally have of a object or material. The ambiguity nature of my work allow people to see many sides of the story, nothing is always as it seems. 

     Good Sessions
And now? Did the global corona crisis and the lockdown experience change anything ?

     Ying Chang
I think the lockdown changed everyone in a good way, it gives people a chance to slowdown  and open their eyes to see thing as they are for the first time in a long time.
I think it helps to break the steady flow of the unhealthy fast living lifestyle. 
I hope it will help people to regain appreciation  in slow living, because only when we slow down, we’d start to notice things in small details. 







Staman Vase

Green Thumb Sculpture





My goal is to produce object will withstand the rapid movement of contemporary life, give them resistance to the flow of commodities through our lives, to help people see beyond the limit in aesthetic which set by main stream media and appreciating beauty with their own sense and point of view.

 








Soft skin detail showing fingers prints, Pistil Vessel

More fingerprints, Green Thumb








(Traduction Française)

NOTHING IS ALWAYS LIKE IT SEEMS
(Rien n'est vraiment commet il y paraît)

Discussion avec la créatrice Londonienne Ying Chang, une femme étonnante qui explore et remet en question les normes communes en testant les limites d’un matériau et de ses idées avec curiosité, intelligence et délicatesse.

     Good Sessions
Pour la plupart des gens, le choix et la manière de devenir un artiste / designer professionnel est un mystère. Comment cette décision a-t-elle été prise pour toi?

     Ying Chang
C'était un choix relativement naturel pour moi.
J'ai toujours été une personne très visuelle. Un métier comme codeur informatique ou médecin serait totalement contre ma nature, mais être designer / artiste me semble être une voie très simple que j'ai choisie depuis toute petite.

     Good Sessions
Tu es diplômée du RCA (Royal College of Art, Londres), c'est une institution prestigieuse. Que peux tu nous dire sur cet endroit, que gardes tu de cette expérience?

     Ying Chang
J'adore les études créatives, j'ai d'abord étudié le design de mode puis le design conceptuel à Londres. Cependant, après avoir travaillé dans l'industrie du design pendant de nombreuses années, j'ai commencé à me sentir comme un animal en cage qui a envie de s'étirer et d’explorer autre chose.
J'ai alors décidé de me réaliser personnellement, le RCA était ma Jungle où je pouvais vivre librement avec mes idées. Bien sûr, avec autant de liberté d’exploration, l’échec est inévitable, parfois effrayant, mais c’est aussi un bon processus d’ enracinement.
Ma formation au RCA m'a donné la confiance nécessaire pour faire ce que je fais aujourd'hui.

     Good Sessions
Dans ton travail tu explores les limites d'un matériau que tu confrontes à un processus: comment et pourquoi avez-vous initié ce travail de «carrefour» ?

     Ying Chang
Mon travail consiste à ne pas accepter les normes communes.
Je suis sensible à l'esthétique et aux matériaux. Je n'aime pas accepter l'idéal de masse de la beauté et de la valeur des choses telles qu'elles sont proposées. Pour moi, tout depend de celui qui regarde et de sa perception des choses.
Par exemple, une fleur, qui décidera d’une rose plus belle qu’un pissenlit? Ce qui rend un morceau de bois plus attrayant qu'un morceau de matériau composite.
Je ne suis pas une partisane de l'utilisation de plus de matériaux artificiels, mais je suis pour la formation de notre propre opinion sur les choses selon nos propres termes.
Mon objectif est de produire des objets qui résisteront au rythme rapide de la vie contemporaine, leur donneront une résistance au flux de marchandises tout au long de nos vies, pour aider les gens à voir au-delà de la limite esthétique établie par les principaux médias et à apprécier la beauté avec leur propre sens et point de vue.

     Good Sessions
Comment procèdes-tu ?

     Ying Chang
La plupart du temps, je suis attirée par un matériau ou un processus en premier. J'essaierai d'abord de comprendre ses caractéristiques propres et sa capacité en tant que matériau ou processus, puis j'explore et teste sa limite tout comme la curiosité d'un enfant qui découvre des objets étrangers.
Puis les idées viennent très naturellement à la suite de ce processus de compréhension.

     Good Sessions
Il y a une sensation, une sensation de légèreté, de fragilité dans ton travail, mais ce n'est pas toujours vrai. Tu proposes au spectateur un nouveau type d'expérience…

     Ying Chang
J’essaie de briser la première impression que les gens ont normalement d'un objet ou d'un matériau. C’est la nature ambiguë de mon travail qui permet aux gens de voir de nombreuses facettes d’une histoire, rien n'est vraiment comme il y parait.

     Good Sessions
Et maintenant ? La crise sanitaire mondiale actuelle et l'expérience du confinement ont-elles changé quelque chose?

     Ying Chang
Je pense que le confinement a changé tout le monde dans le bon sens, il donne aux gens une chance de ralentir et d'ouvrir les yeux pour voir les choses telles qu'elles sont pour la première fois depuis longtemps.
Je pense que cela aide à briser le rythme incessant d’un mode de vie malsain et rapide.
J'espère que cela aidera les gens à apprécier à nouveau la lenteur dans la vie, car ce n'est que lorsque nous ralentissons que nous commençons à remarquer les choses dans les petits détails.